Dernier swing pour Mike Lorenzo-Vera à Crans-Montana
27.08.2025
C’est une semaine pleine d’émotions qui s’annonce pour Mike Lorenzo-Vera. Le golfeur français dispute en effet son tout dernier tournoi professionnel à l’OMEGA European Masters, une page qui se tourne après près de vingt ans passés sur le circuit.
« Jusqu’à hier, ça allait », sourit-il. « Mais en remettant les pieds sur le parcours, la pression et l’émotion commencent à monter. Je suis content d’arrêter : j’ai arrêté l’école à 15 ans pour me consacrer au golf, commencé à taper des balles à 6 ans… ça fait un sacré bout de chemin. Aujourd’hui, j’ai d’autres projets qui m’excitent et je n’ai plus le “gaz” pour remettre en place tout ce qu’il faut pour revenir au haut niveau. C’est une bonne décision. »
La décision, difficile à prendre, l’a pourtant soulagé dès le printemps : « J’ai arrêté en avril et ça m’a fait du bien. Bien sûr, avec ce dernier tournoi qui approchait, on se remet un peu dans le bain, mais ça confirme que je ne suis plus fait pour ça. Je vais quand même tout donner cette semaine, mais je suis surtout heureux de pouvoir tourner la page sereinement et avec fierté. »
Terminer sa carrière en Valais n’est pas anodin. « Ce tournoi est très spécial pour moi. J’ai perdu mon père ici il y a dix ans, je me suis fait beaucoup d’amis à Crans, j’adore le parcours et le cadre. C’était le tournoi rêvé pour finir. »
Un moment qui s’annonce fort en émotions, entouré de ses enfants, de sa maman, et de deux grands amis, Alexander Levy et Marcel Siem, qu’il a choisis pour partager sa dernière partie : « Je vais peut-être devoir m’isoler quelques minutes avant le départ, mais après… feu ! Ce sont mes amis, mais ça restera des concurrents pendant la semaine. »
En regardant en arrière, Mike retient quelques moments marquants : « La finale à Dubaï reste un énorme souvenir. J’ai joué de belles parties solides, affronté Jon Rahm… Beaucoup pensent que j’ai craqué le dimanche, mais j’ai quand même joué -3 sur un parcours exigeant. C’était une grande semaine. Et puis être appelé pour les essayages de la Ryder Cup, aux côtés de Sergio Garcia, c’était quelque chose d’inoubliable. »
S’il pouvait rejouer un coup de sa carrière ? « Ici, à Crans, en 2018, quand j’étais en tête avec Matt Fitzpatrick. Au 14, je tape un coup fantastique, mais la balle prend un rebond incompréhensible et file dans les arbres… Si je pouvais rejouer ce coup-là, avec le rebond prévu, je crois que je n’aurais pas laissé passer ma chance. »
Cette semaine, l’émotion sera donc à son comble. Mais plus que des larmes, c’est la fierté et la gratitude qui marqueront le dernier swing d’une carrière bien remplie.